Résumé
Cette leçon enseigne à écrire le texte courant avec la précision qu’exige la composition. Elle distingue le paragraphe, qui s’ouvre par une ligne blanche ou par \par, du simple retour à la ligne, \\ ou \newline, et explique pourquoi un retour à la ligne ne doit pas tenir lieu de paragraphe. Elle présente l’espace vertical et la raison d’en user avec modération ; les espaces horizontales : l’espace entre les mots, le tilde qui empêche de couper la ligne, l’espace fine et l’espace après le point, que babel règle selon la langue, ainsi que les espaces que babel ajoute lui-même devant la ponctuation haute en français ; les quatre signes que le clavier confond en un seul, le trait d’union, le tiret demi-cadratin, le tiret cadratin et le signe moins, avec leur usage en typographie française et en typographie anglaise ; les guillemets, tapés directement ou avec csquotes ; les points de suspension ; la saisie directe en Unicode qu’admet LuaLaTeX ; et les nombres, dont la virgule décimale, les milliers et les pourcentages demandent, dans le texte et dans les formules, des soins qu’il vaut mieux connaître avant d’être surpris.
Objectifs d’apprentissage
- Séparer les paragraphes par des lignes blanches et réserver le retour à la ligne aux cas où la ligne, et non le paragraphe, est l’unité.
- Choisir, pour chaque paire de mots ou de nombres, entre l’espace ordinaire, le tilde, l’espace fine et l’absence d’espace.
- Écrire le trait d’union, le tiret demi-cadratin, le tiret cadratin et le signe moins là où il convient, selon la convention typographique de la langue.
- Composer des citations à plusieurs niveaux en français, tapées directement ou avec
\enquote, ainsi que les points de suspension. - Prévoir comment LaTeX compose, en français, les décimales, les milliers et les pourcentages dans le texte et dans les formules, et les écrire de sorte que le résultat soit celui qu’on attend.
Paragraphes et retours à la ligne
Pour LaTeX, la source ne se divise pas en lignes, mais en paragraphes. Un saut de ligne dans la source équivaut à une espace, et plusieurs espaces consécutives équivalent à une seule ; une ligne blanche, en revanche, termine le paragraphe, et plusieurs lignes blanches consécutives équivalent à une seule. La commande \par fait exactement la même chose que la ligne blanche : de fait, le moteur convertit chaque ligne blanche en un \par. À l’intérieur d’un paragraphe, le moteur décide où se termine chaque ligne, en considérant le paragraphe entier, comme on l’a vu dans la première leçon ; entre les paragraphes, il applique les règles de la classe du document : l’alinéa de la première ligne, l’espace vertical qui les sépare, la réticence à laisser une ligne isolée en bas ou en haut d’une page.
Le saut de ligne à l’intérieur du premier paragraphe de la source n’apparaît pas dans le résultat ; les deux lignes blanches consécutives ne produisent qu’un seul changement de paragraphe, comme \par.
\documentclass{article}\usepackage{fontspec}\usepackage[french]{babel}\begin{document}\section{Hypothèse}Le premier paragraphe d’une section porte un alinéa,comme le veut la typographie française.Une ligne blanche ouvre un nouveau paragraphe.Deux lignes blanches, un seul aussi.\par La commande par fait de même.\end{document}L’alinéa du premier paragraphe qui suit le titre est une convention française, que babel applique lorsqu’on choisit la langue : avec \usepackage[english]{babel}, ce premier paragraphe est composé sans alinéa, comme le veut la typographie anglaise, et les suivants avec.
Le retour à la ligne, \\ ou son équivalent \newline, termine la ligne en ce point sans terminer le paragraphe : la ligne suivante appartient au même paragraphe, commence sans alinéa et n’est pas séparée de la précédente. La forme \\[6pt] ajoute un espace vertical sous la ligne coupée, et la forme \\*, comme on l’a vu dans la leçon sur l’anatomie d’un document, empêche en outre que la page soit coupée en ce point.
Or le retour à la ligne n’est pas un paragraphe, et l’employer comme tel est l’erreur de composition la plus fréquente chez qui arrive d’un traitement de texte. Les raisons sont au nombre de trois. Première : la forme des paragraphes est fixée par la classe, et un document qui sépare ses paragraphes par des retours à la ligne n’en a, pour le moteur, qu’un seul ; si l’on change ensuite de classe, ou si l’on demande plus d’espace entre les paragraphes, les vrais paragraphes changent et les faux non. Deuxième : les règles qui protègent le paragraphe, comme celle qui évite de laisser une ligne isolée en bas de page, ne s’appliquent pas à ce qui n’est pas un paragraphe. Troisième : les retours qui servent à laisser des lignes vides produisent des avertissements de boîte avec la mesure maximale de défaut, et un retour au début d’un paragraphe est une erreur. Le retour à la ligne a ses usages légitimes, ceux où l’unité est la ligne : les vers, les lignes d’une adresse ou celles d’un titre composé à la main.
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