Résumé
Cette leçon étudie la numération de position, dans laquelle la valeur de chaque chiffre dépend de la place qu’il occupe. Elle démontre que tout entier naturel s’écrit d’une seule manière dans n’importe quelle base , par un procédé qui consiste à diviser de façon répétée par la base, et enseigne à convertir des nombres entre la base et les bases , et , et entre ces dernières en regroupant des chiffres binaires. Elle montre que l’addition et la multiplication se calculent dans n’importe quelle base avec les mêmes règles qu’en base , explique pourquoi les critères de divisibilité fonctionnent et les étend à d’autres bases, et se termine par une note sur l’histoire de la numération et sur l’usage de la base dans les ordinateurs.
Objectifs d’apprentissage
- Interpréter la numération de position et calculer la valeur d’un nombre écrit dans n’importe quelle base.
- Démontrer l’existence et l’unicité de l’écriture en base , et l’obtenir par des divisions successives.
- Convertir des nombres entre les bases , , et , et additionner et multiplier en base .
- Justifier les critères de divisibilité par et par en base , et les appliquer en base et dans d’autres bases.
La numération de position
Quand on écrit , on n’additionne pas quatre chiffres : chacun est multiplié par une puissance de qui dépend de son rang. Le premier vaut deux milliers ; le second, deux dizaines. Le chiffre indique qu’il n’y a pas de centaines et, en occupant sa place, maintient les autres au rang qui leur revient.
Ce principe, appelé numération de position, ne dépend pas du nombre . Si est un entier naturel, appelé base, les chiffres en base sont les nombres , et une suite de chiffres , avec , représente le nombre
Les chiffres s’écrivent les uns à côté des autres, de gauche à droite, et la base s’indique en indice : par exemple, est le nombre qui en base s’écrit avec les chiffres , , et , et se lit « en base ». On dit que occupe le rang , compté à partir de la droite en commençant par . Sans indice, un nombre est écrit en base . En base il n’y a que deux chiffres, et , que l’on appelle bits ; en base il en faut seize, et aux dix chiffres habituels on ajoute les lettres A, B, C, D, E et F, qui valent , , , , et .
Or la valeur d’un nombre écrit en base peut se calculer en mettant en facteur encore et encore, ce qui évite de calculer des puissances : c’est le schéma de Horner.
Pour tout et tous nombres , la somme des produits s’obtient en partant de et en répétant fois l’opération qui consiste à multiplier par et à ajouter le coefficient suivant.
La démonstration est une récurrence sur qui n’utilise que la distributivité. L’expression est la valeur en du polynôme , et la leçon sur l’algèbre des polynômes y reviendra.
Démonstration
Initialisation : pour , les deux membres se réduisent à , car le schéma n’effectue aucune opération.
Hypothèse de récurrence : le schéma est valable pour toute somme de termes, à coefficients quelconques, qui va jusqu’à la puissance .
Soit une somme qui va jusqu’à . Par distributivité, on met en facteur dans tous les termes sauf le dernier.
La parenthèse a la forme de l’hypothèse de récurrence, avec les coefficients ; on l’écrit avec le schéma, et en la multipliant par et en ajoutant on obtient le schéma pour . D’après le principe de récurrence, il est valable pour tout .
Calculer le nombre qui, en base , s’écrit , de deux manières : en additionnant les valeurs des rangs et avec le schéma de Horner.
Démonstration
Chaque chiffre est multiplié par la puissance de qui correspond à son rang : , , et .
Nous calculons les puissances et les produits, et nous additionnons.
Avec le schéma de Horner, nous mettons en facteur dans les trois premiers termes, puis dans les deux premiers de la parenthèse.
On calcule de l’intérieur vers l’extérieur : chaque résultat est multiplié par la base et on lui ajoute le chiffre suivant. On obtient la même valeur, sans aucune puissance.
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