Résumé
Cette leçon enseigne à mettre en forme le texte en disant ce qu’est chaque passage et non de quoi il doit avoir l’air. Elle distingue le balisage logique du balisage visuel et explique pourquoi la différence décide du sort d’un long document ; elle présente la mise en valeur avec \emph et son comportement lorsqu’elle est imbriquée, les commandes qui changent la famille, la série et la forme des caractères, avec leurs formes déclaratives, et les tailles, qui n’existent que comme déclarations ; elle montre pourquoi il convient de définir des commandes personnelles qui nomment des fonctions ; elle parcourt les trois listes de LaTeX, leur imbrication et l’extension enumitem ; elle distingue les environnements d’alignement de leurs déclarations ; et elle termine par ce qu’il vaut mieux éviter : espacer à la main, simuler des titres avec du gras et souligner.
Objectifs d’apprentissage
- Distinguer le balisage logique du balisage visuel et justifier, dans un long document, la préférence pour le premier.
- Prévoir le résultat de commandes de caractères imbriquées, sous leur forme à argument et sous leur forme déclarative, y compris la mise en valeur imbriquée et les tailles.
- Choisir entre les listes numérotées, à puces et de description, les imbriquer et régler avec enumitem leurs étiquettes, leur espacement et leur numérotation.
- Aligner un passage avec l’environnement ou la déclaration qui conviennent, en expliquant pourquoi une déclaration d’alignement doit englober la fin du paragraphe.
- Reconnaître dans un source les marques visuelles qu’il convient de remplacer (espaces manuelles, titres en gras, soulignements) et les réécrire selon leur fonction.
Marquer le sens, non l’aspect
Un même aspect peut servir des fonctions très différentes. Dans un essai, l’italique signale à la fois un mot mis en valeur, le titre d’un livre, une expression latine et le nom scientifique d’une espèce ; dans un manuel, le gras marque un terme que l’on définit et, parfois, un titre. Qui écrit directement l’italique pratique le balisage visuel : il dit de quoi le passage a l’air. Qui écrit que le passage est une mise en valeur, un titre d’œuvre ou un terme pratique le balisage logique : il dit ce qu’il est, et laisse une seule décision, prise ailleurs, fixer son aspect.
La différence se remarque à peine sur une page ; dans une thèse de deux cents, elle est décisive. Supposons qu’une revue exige les noms d’espèce en italique, mais les titres d’œuvre entre guillemets. Si l’auteur a écrit \textit pour les deux, il doit revoir un à un des centaines de passages et décider chaque fois lequel est lequel, au risque de se tromper. S’il a écrit une commande différente pour chaque fonction, il suffit de changer une ligne du préambule. D’où la règle de cette leçon : chaque marque de mise en forme doit répondre à une fonction du texte, et les commandes visuelles sont réservées à la définition de ces fonctions ou aux cas isolés qui ne se répètent pas.
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